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TTR

Julien Maguy et Thierry Saint Paul

27/01/2006

Nous présentent Sérum

A l'occasion de la première diffusion de son film « Sérum » au Festival de Saint Lary, nous avons voulu vous présenter un peu plus Julien Maguy, rider Head de haut niveau qui mérite d'être rencontré... Un personnage franc, qui parle facilement de ce qu'il aime, avec simplicité.


Interview de Julien et de Thierry Saint Paul, réalisateur de Sérum. (au centre)

 


Pyride.com : Vous pouvez vous présenter en quelques mots ?

    Julien : Julien Maguy, je skie à Cauteret, je suis là-bas depuis 6 ans, avant j'habitais à Lourdes et puis j'étais partis à Cham... Voilà, j'ai toujours trainé dans les montagnes, que ce soit dans les Pyrénées ou les Alpes.

    Thierry : Thierry Saint Paul, à Cauteret aussi. J'ai un parcours un peu mixte, je viens de l'industrie du Snowboard depuis la fin des années 80 (l'époque Apocalypse Surf), je suis aussi shaper du Pyrénées Snowboard Tour, et depuis l'an 2000, après un parcours peinture/photographie, je me suis mis à la vidéo pour des films expérimentaux, que j'ai présenté soit au Japon, soit au centre Pompidou en France, en Suisse... En général des centres d'art contemporains.

 

Pyride : Comment vous êtes vous rencontrés ?

    Thierry : Et bien on est du même village, et ensuite un projet grâce à un pote commun qui nous a dit « pourquoi vous faites pas un film ensemble ? ». Quelques minutes plus tard, on s'est rencontrés dans la rue et on s'est dit « ça y est, on part, on le fait ! »


Pyride : Le début du tournage ?

    Thierry : On a demarré en automne 2003 avec les prises de vue skate, après ça a enchaîné sur le ski, etc... C'est plutôt une aventure humaine, on ne se connaissait pas avec Julien, c'est vrai qu'en trois ans on a partagé beaucoup de choses ensemble.

    Julien : On était partis sur un projet de huit minutes à la base, pour finir à 52 ici au festival, et on aimerait faire un long métrage...

 

Pyride : Cette idée de faire un film différent qui sort vraiment des normes, ça vient d'où ?

    Thierry : Il n'y a pas de volonté particulière, on connais bien sur les films de glisse depuis notre enfance, il y avait une volonté de s'inscrire différement, avec de tout petits moyens, et surtout de faire un film en autonomie, avec notre sensibilité. Notre volonté commune était de dépasser les clichés.
Et puis on a eu la grande chance d'avoir comme bande originale des groupes Australiens qui en sont pas diffusés en Europe, c'est des groupes de surfeurs, et la musique déchire.


    Julien : Oui, la clé de ce projet, c'est pas qu'on voulait se démarquer, c'est qu'on a fait ce qu'on voulait faire, c'est pour ça qu'on était en autonomie. Bon, il y a des gens qui n'ont pas voulu nous suivre, parce qu'ils n'ont pas compris le projet, et du coup ça nous a servi à rester complètement neutre par rapport à tout ce qu'on voulait exprimer , les prises de position, le travail de l'image, la création...On se l'ai fait à notre rythme, ...
    Thierry : ... sans aucune pression commerciale, car le fait que l'industrie doive proposer des clips chaque année, avec des tricks, etc..., c'est vrai que ça fait monter le niveau des riders, aussi bien ce qui les font que ceux qui les regardent, mais on avait envie de s'inscrire dans une démarche un peu différente , et dans 5 ans on pourra toujours voir ce film sans qu'il soit démodé...


Pyride : Julien, on te voit rarement dans le mileu competition et pas mal aux rendez-vous grand plublic, qu'est ce qui t'attire ?

    Julien : Ni l'un ni l'autre en fait... J'ai fait 15 ans de competition de ski alpin, j'avais pas envie de replonger là dedans avec le freeride, malheureusement le sponsoring et le système fait que si l'on a pas des résultats en compétition on a du mal à exister, donc moi je fais depuis quelques années juste la manche du World Tour aux Arcs. J'arrive à me placer dans les phases finales, j'ai pas envie d'aller chercher des places plus loin, ce que je veux c'est simplement dire « je suis là ». Donc je fais une compet par-çi par-là, les Arcs tous les ans, peut être cette année le Derby de la Meije. Mais c'est plus à chaque fois un coup de coeur, comme les Arcs qui est un domaine super à skier, et c'est la competiton la plus grosse du World Tour, là où il y a le plus gros plateau sur le contest.

Après, les rassemblements, c'est par rapport aux amitiés que j'ai avec les gens, j'ai fait souvent la Familly of Friends à La Plagne par ce que le concept est interessant, la Freeride du Tourmalet j'y vais parce que c'est un copain et que je trouve ça aussi interessant... Mais c'est plutôt sur des coups de coeur, que ce soit les competitions, les évènements ou les projets de films.

Ya rien à calculer, c'est simplement « j'ai envie de faire ça parce que ça me plait », c'est un peu ce qui est compliqué à comprendre dans ma démarche parce que les sponsors aiment bien savoir à l'avance ce que je vais faire, et je le sais pas toujours moi même !

    Thierry : En freeride, il y a le mot free, ce qui veut dire qu'on devrais agir avec une certaine liberté, on s'est éclatés pendant deux ans à faire le film Sérum, on espère diffuser un Dvd l'an prochain, mais c'est vrai que ça s'est fait de manière completement libre,
    Julien : sauvage..
    Thierry : voilà, sauvage.

 

Pyride : Julien, l'endroit où t'as préféré skier ?

    Julien : Là on va dire que je suis chauvin, mais j'ai de plus en plus de mal à partir de chez moi, les déplaçement dans les Alpes ça devient compliqué, j'adore le secteur de montagne de chez nous, c'est vrai que la station de Cauteret est petite mais ya des belles lignes, le domaine est vite traçé, mais après le secteur de montagne autour il est assez phénoménal, et très peu connu... Et puis on force pas trop pour qu'il soit connu non plus !

    Thierry : Mais c'est vrai, on le voit dans les Pyrénées, les secteurs de montagne sont relativement peu utilisés, mis à part les skieurs de rando qui font des Z et redescendent en un secteur trafolé on va dire, alors qu'en fait les pentes Pyrénéennes sotn très diverses, depuis les PO aux PA...
C'est dommage que de manière filmique ça n'ait pas été plus utilisé... Toujours pareil, la lutte contre les clichés, je pense qu'il y a encore beaucoup de Parisiens qui pensent que les Pyrénées, c'est de la montagne à vache quoi...

    Julien : Et c'est vrai que c'est pas assez montré, parce qu'il y a pas beacoup de vidéos où on voit des images des Pyrénées au bout du compte, si on regarde sur le marché...

C'est aussi ça le combat, donner envie aux gens de faire chacun un truc dans son coin avec ses caméras et de montrer un image positive des Pyrénées, et d'une crédibilité aussi, car on a besoin de cette crédibilité. Faut pas que les gens fassent n'importe quoi non plus avec leurs images parce qu'on peut vite nous remettre la tête au fond du seau, il faut montrer des trucs sérieux !

 

(ITW : Rdt, photo : www.pefu.net )

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