A
l'occasion de la première diffusion de son film « Sérum »
au Festival de Saint Lary, nous avons voulu vous présenter un
peu plus Julien Maguy, rider Head de haut niveau qui mérite
d'être rencontré... Un personnage franc, qui parle facilement de ce qu'il aime, avec simplicité.
Interview
de Julien et de Thierry Saint Paul, réalisateur de Sérum. (au centre)

Pyride.com
: Vous pouvez vous présenter en quelques mots ?
Julien
: Julien Maguy, je skie à Cauteret, je suis là-bas
depuis 6 ans, avant j'habitais à Lourdes et puis j'étais
partis à Cham... Voilà, j'ai toujours trainé
dans les montagnes, que ce soit dans les Pyrénées ou
les Alpes.
Thierry
: Thierry Saint Paul, à Cauteret aussi. J'ai un parcours un
peu mixte, je viens de l'industrie du Snowboard depuis la fin des
années 80 (l'époque Apocalypse Surf), je suis aussi shaper du Pyrénées
Snowboard Tour, et depuis l'an 2000, après un parcours
peinture/photographie, je me suis mis à la vidéo pour
des films expérimentaux, que j'ai présenté soit
au Japon, soit au centre Pompidou en France, en Suisse... En général
des centres d'art contemporains.
Pyride
: Comment vous êtes vous rencontrés ?
Thierry
: Et bien on est du même village, et ensuite un projet grâce
à un pote commun qui nous a dit « pourquoi vous
faites pas un film ensemble ? ». Quelques minutes plus
tard, on s'est rencontrés dans la rue et on s'est dit « ça
y est, on part, on le fait ! »
Pyride
: Le début du tournage ?
Thierry
: On a demarré en automne 2003 avec les prises de vue skate,
après ça a enchaîné sur le ski, etc...
C'est plutôt une aventure humaine, on ne se connaissait pas
avec Julien, c'est vrai qu'en trois ans on a partagé beaucoup
de choses ensemble.
Julien
: On était partis sur un projet de huit minutes à la
base, pour finir à 52 ici au festival, et on aimerait faire un
long métrage...
Pyride
: Cette idée de faire un film différent qui sort
vraiment des normes, ça vient d'où ?
Thierry
: Il n'y a pas de volonté particulière, on connais bien
sur les films de glisse depuis notre enfance, il y avait une volonté
de s'inscrire différement, avec de tout petits moyens, et
surtout de faire un film en autonomie, avec notre sensibilité.
Notre volonté commune était de dépasser les
clichés.
Et
puis on a eu la grande chance d'avoir comme bande originale des
groupes Australiens qui en sont pas diffusés en Europe, c'est
des groupes de surfeurs, et la musique déchire.
Julien
: Oui, la clé de ce projet, c'est pas qu'on voulait se
démarquer, c'est qu'on a fait ce qu'on voulait faire, c'est
pour ça qu'on était en autonomie. Bon, il y a des gens
qui n'ont pas voulu nous suivre, parce qu'ils n'ont pas compris le
projet, et du coup ça nous a servi à rester
complètement neutre par rapport à tout ce qu'on voulait
exprimer , les prises de position, le travail de l'image, la
création...On se l'ai fait à notre rythme, ...
Thierry
: ... sans aucune pression commerciale, car le fait que l'industrie
doive proposer des clips chaque année, avec des tricks,
etc..., c'est vrai que ça fait monter le niveau des riders,
aussi bien ce qui les font que ceux qui les regardent, mais on avait
envie de s'inscrire dans une démarche un peu différente
, et dans 5 ans on pourra toujours voir ce film sans qu'il soit
démodé...
Pyride
: Julien, on te voit rarement dans le mileu competition et pas mal
aux rendez-vous grand plublic, qu'est ce qui t'attire ?
Julien
: Ni l'un ni l'autre en fait... J'ai fait 15 ans de competition de
ski alpin, j'avais pas envie de replonger là dedans avec le
freeride, malheureusement le sponsoring et le système fait que
si l'on a pas des résultats en compétition on a du mal
à exister, donc moi je fais depuis quelques années
juste la manche du World Tour aux Arcs. J'arrive à me placer
dans les phases finales, j'ai pas envie d'aller chercher des places
plus loin, ce que je veux c'est simplement dire « je suis
là ». Donc je fais une compet par-çi par-là,
les Arcs tous les ans, peut être cette année le Derby de
la Meije. Mais c'est plus à chaque fois un coup de coeur,
comme les Arcs qui est un domaine super à skier, et c'est la
competiton la plus grosse du World Tour, là où il y a
le plus gros plateau sur le contest.
Après,
les rassemblements, c'est par rapport aux amitiés que j'ai
avec les gens, j'ai fait souvent la Familly of Friends à La
Plagne par ce que le concept est interessant, la Freeride du
Tourmalet j'y vais parce que c'est un copain et que je trouve ça
aussi interessant... Mais c'est plutôt sur des coups de coeur,
que ce soit les competitions, les évènements ou les
projets de films.
Ya
rien à calculer, c'est simplement « j'ai envie de
faire ça parce que ça me plait », c'est un
peu ce qui est compliqué à comprendre dans ma démarche
parce que les sponsors aiment bien savoir à l'avance ce que je
vais faire, et je le sais pas toujours moi même !
Thierry
: En freeride, il y a le mot free, ce qui veut dire qu'on devrais
agir avec une certaine liberté, on s'est éclatés
pendant deux ans à faire le film Sérum, on espère
diffuser un Dvd l'an prochain, mais c'est vrai que ça s'est
fait de manière completement libre,
Julien
: sauvage..
Thierry
: voilà, sauvage.
Pyride
: Julien, l'endroit où t'as préféré skier
?
Julien
: Là on va dire que je suis chauvin, mais j'ai de plus en plus
de mal à partir de chez moi, les déplaçement
dans les Alpes ça devient compliqué, j'adore le secteur
de montagne de chez nous, c'est vrai que la station de Cauteret est
petite mais ya des belles lignes, le domaine est vite traçé,
mais après le secteur de montagne autour il est assez
phénoménal, et très peu connu... Et puis on
force pas trop pour qu'il soit connu non plus !
Thierry
: Mais c'est vrai, on le voit dans les Pyrénées, les
secteurs de montagne sont relativement peu utilisés, mis à
part les skieurs de rando qui font des Z et redescendent en un
secteur trafolé on va dire, alors qu'en fait les pentes
Pyrénéennes sotn très diverses, depuis les PO
aux PA...
C'est
dommage que de manière filmique ça n'ait pas été
plus utilisé... Toujours pareil, la lutte contre les clichés,
je pense qu'il y a encore beaucoup de Parisiens qui pensent que les
Pyrénées, c'est de la montagne à vache quoi...
Julien
: Et c'est vrai que c'est pas assez montré, parce qu'il y a
pas beacoup de vidéos où on voit des images des
Pyrénées au bout du compte, si on regarde sur le
marché...
C'est
aussi ça le combat, donner envie aux gens de faire chacun un
truc dans son coin avec ses caméras et de montrer un image
positive des Pyrénées, et d'une crédibilité
aussi, car on a besoin de cette crédibilité. Faut pas
que les gens fassent n'importe quoi non plus avec leurs images parce
qu'on peut vite nous remettre la tête au fond du seau, il faut
montrer des trucs sérieux !
(ITW : Rdt, photo : www.pefu.net )